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Trésorerie et crédit : deux leviers complémentaires pour piloter son entreprise

Payer comptant ou financer à crédit ? Cette question se pose à chaque décision d'investissement ou face à un besoin de financement. Mais loin d'être antagonistes, trésorerie disponible et crédit sont deux outils complémentaires dont l'utilisation stratégique conditionne la solidité financière d’une l'entreprise. Décryptage des situations où privilégier l'une ou l'autre solution.

En 2025, la trésorerie des PME et ETI françaises était solide. Selon les chiffres de la Banque de France, elle équivalait en moyenne à 50 à 60 jours de chiffre d’affaires, en légère hausse par rapport à l’année précédente(1). Cette trésorerie joue un rôle vital dans la santé financière des entreprises de toutes tailles.

La trésorerie, un actif stratégique à préserver

Matelas de sécurité face aux imprévus et aléas conjoncturels, incluant les retards de paiement, hausses de coûts et autres ralentissements d'activité, une trésorerie saine permet également de saisir des opportunités commerciales sans avoir à solliciter un financement. Enfin, elle représente un indicateur de confiance déterminant pour les partenaires financiers et fournisseurs, qui y voient le signe d'une bonne gestion.

À l'inverse, une trésorerie insuffisante expose l'entreprise à des risques significatifs :

  • Difficultés à honorer les échéances courantes : charges sociales, fournisseurs, salaires… Ces tensions peuvent rapidement s'enchaîner et fragiliser l'ensemble de la structure.
  • Vulnérabilité accrue face aux retards de paiement clients : en 2025, 86 % des entreprises françaises ont été confrontées à des retards de paiement, plus de la moitié d’entre elles jugeant l’impact « critique » sur leur trésorerie, selon Coface(2).
  • Risque de défaillance : lorsque les tensions sur la trésorerie s’accumulent, cela peut créer un effet domino difficile à endiguer et mener, dans les cas les plus graves, à la défaillance de l’entreprise.

Quand privilégier le crédit plutôt que la mobilisation de trésorerie ?

Face à ces constats, faut-il systématiquement privilégier le paiement comptant ? Pas forcément. Le crédit constitue un levier de croissance à part entière, et il devient particulièrement pertinent pour financer des investissements générateurs de revenus futurs : matériel de production, véhicules, immobilier professionnel… De même, certaines dépenses importantes épuiseraient la trésorerie disponible et fragiliseraient dangereusement la structure financière si elles étaient réglées comptant.

Différentes solutions de crédit selon la nature du besoin

Plusieurs options s'offrent aux entreprises en fonction de leurs besoins spécifiques :

  • Crédits court terme : pour répondre à des besoins ponctuels ou saisonniers, avec une durée de remboursement généralement inférieure à un an.
  • Facilité de caisse et découvert : pour la gestion quotidienne et les décalages temporaires entre encaissements et décaissements.
  • Crédit classique : pour les investissements structurants, avec un remboursement étalé à moyen ou long terme.
  • Crédit-bail et location : des alternatives à l'achat qui transforment une sortie de trésorerie importante en charges récurrentes maîtrisées. Le crédit-bail offre en plus la possibilité d'acquérir le bien en fin de contrat.

D'autres solutions permettent à une entreprise de se refinancer a posteriori, comme le lease-back, qui offre la possibilité de céder un bien déjà acquis à un organisme financier tout en continuant à l'utiliser via un contrat de location. Pour les entreprises propriétaires de leurs locaux, le crédit hypothécaire est également une option : l'immobilier professionnel sert de garantie pour obtenir un financement tout en restant utilisé par l'entreprise.

Mobiliser les créances clients peut également permettre de soulager la trésorerie, à travers notamment :

  • L'affacturage : permet de céder ses factures à un organisme spécialisé, le factor, qui en verse une partie sous quelques jours et peut assurer le suivi des paiements.
  • L'escompte bancaire : permet de remettre une créance à sa banque qui en avance le montant avant son échéance.

Valoriser sa trésorerie excédentaire

Lorsque la trésorerie dépasse le niveau de précaution nécessaire, la placer peut permettre de générer des revenus complémentaires. Les comptes à terme offrent une solution sécurisée : l'entreprise bloque une somme pendant une durée déterminée (de quelques mois à plusieurs années) en échange d'un taux de rémunération qui peut être fixe ou variable. Les Organismes de Placement Collectif (OPC) monétaires sont également intéressants pour valoriser la trésorerie tout en maintenant une liquidité importante. L’horizon de placement de ces fonds est généralement court, et ils offrent un rendement supérieur à celui d'un compte d’épargne.

Construire une stratégie d'équilibre entre trésorerie et crédit

Dans les faits, les entreprises ont intérêt à trouver un équilibre entre mobilisation de leur trésorerie et recours au crédit – et elles le font déjà. Pour définir leur niveau de trésorerie optimal, plusieurs éléments sont à prendre en compte, comme les spécificités du secteur d’activité, la saisonnalité des flux, ou encore l’analyse des cycles d’activité et des besoins incompressibles.

Une fois ces éléments identifiés, il s’agira de combiner intelligemment les deux leviers selon la nature des dépenses. En général, le crédit sera réservé aux investissements productifs, tandis que la trésorerie sera mobilisée pour les dépenses récurrentes et les faibles montants.

S'appuyer sur l'expertise bancaire pour affiner sa stratégie

La banque est le partenaire de choix de l’entreprise afin de gérer au mieux ses besoins de trésorerie. Un échange régulier permet d’adapter les solutions de financement si nécessaire, mais aussi d’anticiper les besoins futurs.

Trésorerie et crédit ne s'opposent pas : ils se complètent pour donner à l'entreprise les moyens de sa stabilité comme de son développement.

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

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